Ukraine Gaza et autres théâtres des opérations impérialistes et mondialistes, jan. 2026

Titres: Les terres ukrainiennes aux mains des trusts internationaux, La réalité des morts du Donbass, Maïdan une opération de provocation, Mobilisation forcée des pauvres en Ukraine, …

Les terres ukrainiennes aux mains des trusts internationaux …

Ukraine : des millions d’hectares sous contrôle d’oligarques, une menace pour l’agriculture européenne. Selon The Oakland Institute, une partie importante des terres agricoles ukrainiennes se trouve entre les mains d’oligarques et d’entreprises agroalimentaires étrangères, comme Kernel, UkrLandFarming, MHP ou Astarta. La plupart de ces groupes sont enregistrés à l’étranger, notamment à Chypre, au Luxembourg, aux Pays‑Bas, aux États‑Unis ou en Arabie saoudite, et opèrent via un maillage de filiales.

La réalité des morts du Donbass …

Anne-Laure Bonnel, reporter : depuis 2022, on me reproche d’avoir cité un chiffre contesté, d’avoir exagéré, d’avoir « pris parti ». Je veux remettre les choses au clair. Le chiffre de 14’000 morts dans le Donbass n’est pas le mien : c’est celui de l’ONU. Pendant sept ans, ce bilan a été repris sans réserve par toutes les grandes rédactions internationales, AFP, Reuters, BBC, AP, Le Monde, et constituait la référence institutionnelle utilisée dans les dépêches et rapports diplomatiques. Pour ceux qui doutent encore, consultez ces articles et jugez par vous-mêmes : Le Monde : Le Donbass, terrain miné, TV5 Monde : Échanges de prisonniers entre Kiev et les séparatistes : TF1 Info : Non-respect du cessez-le-feu de 2020

Maïdan une opération de provocation …

Le 20 février 2014, au cœur de Kiev, 74 manifestants et 17 policiers sont abattus en quelques heures. Cette journée, baptisée « massacre du Maïdan » ou « massacre des tireurs d’élite », est présentée depuis dix ans comme l’acte sanglant par lequel le président pro-russe Viktor Ianoukovitch a tenté d’étouffer la révolution pro-européenne. Le récit dominant – martelé par Kiev, Washington, Bruxelles et la majorité des médias – est simple : des snipers du régime, appuyés par la police Berkout, ont tiré sur la foule désarmée, provoquant la chute du président le 22 février, l’annexion de la Crimée par la Russie et, in fine, la guerre de 2022.

L’enquête la plus complète jamais menée sur ces événements, publiée en 2024 par le politologue ukraino-canadien Ivan Katchanovski (University of Ottawa), détruit cette version. À partir de 2 000 vidéos synchronisées, 6 000 photos, 30 Go d’interceptions radio, 1’000 h d’audiences du procès et plus de 300 témoignages de manifestants, de policiers et de journalistes, l’auteur démontre que la majorité des victimes ont été tuées depuis des bâtiments tenus par l’opposition maïdanite, et non par les forces du régime. Il faut lire l’ouvrage (en téléchargement gratuit) pour connaître les nombreux éléments documentés qui invalident le narratif officiel. Par exemple :

  • Les vidéos montrent que 45 des 49 manifestants tués sont abattus avant l’arrivée des unités de snipers gouvernementales (SBU Alpha, Omega) sur les toits.
  • Les balisticiens ukrainiens établissent que la trajectoire des impacts (angle très plongeant, droite-gauche, haut-bas) ne correspond pas aux positions au sol de la Berkout, mais aux fenêtres et aux toits de l’Hôtel Ukraina, du Conservatoire de musique, de la Banque Arkada, du palais Jovtnevyi et de la rue Mouzeinyi – tous contrôlés par les « forces d’auto-défense du Maïdan ».
  • Aucun ordre de tir signé par Ianoukovitch ou ses ministres n’a été retrouvé ; le verdict de Kiev (octobre 2023) le reconnaît explicitement.

Mobilisation forcée des pauvres en Ukraine …

Il faut souvent aller lire la presse étrangère pour se rapprocher de la réalité, car en France la couverture du conflit est dominée par une diabolisation systématique des Russes et, en miroir, par une véritable omerta, un silence presque total, sur les dérives, les crimes et la corruption du côté ukrainien. À tel point que l’on a parfois le sentiment qu’il est devenu tacitement interdit d’en parler. L’Allemagne, en revanche, entretient un rapport plus ambivalent à la guerre d’Ukraine ; sa presse, pour des raisons historiques et politiques qui lui sont propres, se permet une parole plus directe et plus factuelle. À lire certains journaux allemands, on retrouve même ce que l’on avait observé durant la crise du Covid : la France semble devenue un champion européen de la désinformation par omission.

  • C’est dans ce contexte que le Berliner Zeitung publie un reportage sur la mobilisation forcée en Ukraine. Le journal y relate le témoignage d’un jeune homme de 26 ans, vivant à Odessa, interpellé en pleine rue par des agents du centre territorial de recrutement. Il décrit une arrestation brutale, des coups, une nuit de détention dans un sous-sol, sans téléphone ni possibilité de prévenir sa famille. Le lendemain, lors d’un examen médical expéditif, ses documents auraient été falsifiés pour le déclarer apte, alors même qu’il disposait de certificats médicaux contraires.
  • Son récit met au jour un système bien plus large. Des faux certificats médicaux circuleraient contre paiement, permettant à certains d’échapper au front, tandis que ceux qui n’ont ni relations ni argent sont embar­qués de force. La corruption serait devenue une variable centrale de la mobilisation : on peut acheter sa sortie, ou bien se retrouver projeté dans la machine militaire contre sa volonté. Des hommes en civil participeraient parfois à ces rafles, brouillant encore la frontière entre procédure administrative et enlèvement pur et simple.