Titres: Pas de guerres sans mensonges, Nord Stream c’est Kiev et la CIA …
Pas de guerres sans mensonges …
Michel Collon, géopolitologue, analyste critique des médias, pionnier de l’info indépendante. En 2004, il a fondé Investig’Action, outil d’information indépendante et maison d’édition engagée dans la bataille de l’info pour un monde de paix. Il actualise la méthode de décryptage de l’actualité des guerres selon Anne Morelli.
Les 5 principes de la propagande de guerre sont : 1) occulter les intérêts économiques liés aux multinationales 2) cacher l’histoire, le colonialisme, les opérations secrètes de la CIA 3) diaboliser et déshumaniser l’adversaire, tout en utilisant l’émotion 4) inverser agresseur et agressé 5) cacher la méthode et donc conduire la propagande et censurer les débats, l’opinion publique est une cible
Sont actuellement sous sanctions ou blocus US/UE 40 pays qui souffrent : Cuba, Ira, Corée du Nord, Syrie, Russie, Vénézuela, Biélorussie, Ukraine, Afghanistan, Birmanie, Centrafrique, Congo, Haïti, Libye, Niger, Mali, Burkina Faso, Soudan, Soudan du Sud, Yémen, Zimbabwe, Érythrée, etc. Les sanctions économiques sont des actes de guerre. Guerres pour le pétrole, l’eau, le gaz, les minerais, la position stratégique …
Les US, l’occident en général, ne veulent pas perdre leur position dominante, mise en danger par la Chine, alors le moyen est de couper la Chine du marché eurasien voire mondial. L’émergence des BRICS est un vrai danger pour les US, mais les BRICS ne sont qu’une alliance de défense contre l’impérialisme américain.
Mensonge sur le Vénézuela : les seuls crime de Chavez et Maduro, c’est d’avoir repris l’argent du pétrole 51%/49%, qui ne profitait qu’à 100% aux multinationales US, et d’avoir installé un système de santé pour les Vénézuéliens. Tout le reste n’est que mensonge : narcotrafic, trucage d’élections, etc.
Israël est le porte-avion des US, c’est leur agent qui permet de contrôler sur place les pays du moyen-orient. Ce qui explique le financement énorme et la protection des US envers ce pays. Bombarder des civils à Gaza est devenu un argument de vente pour le vendeur d’armes qu’est Israël. Le droit international est réservé aux pays pauvres, afin de leur imposer notre volonté, mais ce n’est pas pour nous. C’est pour cela que j’aime Trump, paradoxalement, car il est totalement transparent, et nous permet de comprendre les choses qui étaient cachées avant.
Attention, ce n’est pas une guerre contre un pays, c’est plus global. Une guerre mondiale, c’est aussi un risque de fascisme. Également contre nous Européens. Michel Collon alerte dans La Minute Michel épisode #109. En contact avec des amis iraniens et l’équipe Test-Médias, Investig’Action vous fournira un fact-checking des fake news et intox.
Nord Stream c’est Kiev et la CIA …
Du « sabotage russe » à la piste américaine : chronique d’un récit qui s’effondre. L’enquête publiée par Der Spiegel en février 2026, qui révèle que des acteurs ukrainiens impliqués dans le sabotage de Nord Stream auraient informé la CIA en amont de l’opération, constitue une étape de plus dans un long processus : celui par lequel, lentement et presque à contrecœur, le récit dominant se rapproche de ce qui avait été affirmé dès l’origine.
Rappelons la chronologie. Dans les jours qui ont suivi le sabotage, une grande partie des médias occidentaux a suggéré, parfois de manière à peine voilée, la responsabilité russe. Hypothèse pourtant dépourvue de rationalité stratégique : on nous demandait de croire qu’un État aurait détruit lui-même une infrastructure qui constituait l’un de ses principaux leviers économiques et géopolitiques. Cette lecture n’a tenu que par l’effet de sidération et de répétition.
Très vite pourtant, Seymour Hersh, l’un des plus grands journalistes d’investigation américains, publiait une enquête attribuant l’opération à une action planifiée et mise en œuvre avec l’appui des États-Unis. Sa thèse fut immédiatement disqualifiée, non pas réellement réfutée sur le fond, mais reléguée hors du champ du débat légitime.
La narration a alors changé de forme sans jamais résoudre ses contradictions : on a parlé d’un petit groupe d’Ukrainiens agissant de manière autonome, presque artisanale ; puis d’un commando plus structuré mais toujours sans lien avec l’État ; ensuite d’acteurs proches de cercles officiels mais ayant agi contre les instructions ; et désormais, selon Der Spiegel, de personnes ayant informé la CIA en amont de l’opération.
Autrement dit, à chaque étape, le degré de plausibilité technique augmente, le niveau d’organisation requis devient plus élevé, et la dimension étatique réapparaît progressivement, exactement ce que l’enquête de Hersh posait dès le départ.
Car une donnée matérielle demeure : nous sommes en présence d’une opération d’une extrême sophistication, menée dans une zone parmi les plus surveillées au monde, nécessitant des moyens logistiques, des capacités sous-marines, un renseignement précis et la faculté d’opérer sans être détecté. La fable d’un groupe isolé, agissant presque clandestinement avec des moyens limités, ne résiste pas à cette réalité.
Ce qui frappe, au fond, n’est pas tant la lenteur de l’émergence des faits que la difficulté à reconnaître qu’ils avaient été exposés dès le premier moment. Comme si la vérité ne devenait audible qu’une fois les enjeux politiques dissipés, lorsque plus rien n’est susceptible d’en être affecté.
À ce rythme, il n’est pas excessif de penser que l’on finira par admettre ce qui avait été écrit dès le début, mais on l’admettra sans doute lorsque cela n’aura plus de conséquences, lorsque le temps aura neutralisé la portée politique des responsabilités.
Entre-temps, la succession des versions successives aura surtout montré une chose : ce n’est pas la réalité qui a changé, c’est le cadre dans lequel il était permis d’en parler.

